Corinne, Corinna ... le mystère enfin résolu

Instruments anciens, luths, théorbe, vihuela, guitare renaissance et guitare baroque.
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Roger Traversac
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Corinne, Corinna ... le mystère enfin résolu

Message par Roger Traversac » dim. 09 novembre 2014, 13:52

Belle chanson interprétée par Jerry Lee Lewis.
Beautiful song sung by Jerry Lee Lewis.

Auparavant, Gagliarda Corinna Vincenzo Galilei Libro d'Intavolatura di Liuto (manuscript) Florence 1584.Les partitions furent reclassées pour une publication qui n'eut jamais lieu.
The pieces were re-ordered by the composer in preparation for publication which never took place.

Cette gaillarde est la seule parmi de la "mythologie" comme les " 9 Muses " à être attribuée à une personne ayant vécu ; une " muse terrestre" , Corinna/Korinna (Corinne). Corinne était une poétesse grecque (environ 3 siècles avant J.C.) de Tanagra (Béotie) réputée pour avoir vaincu trois fois Pindare à l'occasion de joutes poétiques (par la qualité de ses poèmes et sa beauté).

This Galliard is the only one among "mythology" such as the " 9 Muses " to be dedicated to a person who had lived , an " earthly muse ", Corinna. Corinna (Korinna) was a greek poetess (Ca three centuries B.C.) from Tanagra (Beotia) well known to have defeated (for the quality of her poems and her beauty) the great Pindare three times.

Cette Corinne était connue pendant la Renaissance et elle était devenu la muse, l'inspiration du poète latin Ovide ( "Les amours"). C'était Julie, la fille de l' Empereur Auguste.
This Corinna was well known during the Renaissance and she had become the muse, the inspiration of the roman poet Ovid ( " Amores "). She was Julia, daughter of the Imperator Augustus.

Site avec la preuve irrécusable :
Site with the evidence :

http://www.persee.fr/web/revues/home/pr ... _70_4_3863


Extraordinaire statue de Tanagra (musée du Louvre) représentant une muse jouant du luth à l'époque où vivait Corinne. Ses traits sont assez similaires à ceux des autres statues grecques représentant Corinne ; aussi cette statue la représente peut-être en train de jouer du luth.

Extraordinary statue from Tanagra (Louvre museum) representing a muse playing the lute at the time when Corinna lived. Her features are similar to the ones found in other greek statues representing Corinna ; so it might well be her playing the lute.

" Corinna " provient du nom grec Korinna (vierge) d'une poétesse (née à Tanagra, ville de Boétie). Elle vécut vers le Vème siècle avant J-C.
Elle est citée comme ayant vaincu le grand Pindare cinq fois (aussi il l'appella une " truie ") dans des joutes poétiques. Le poète élégiaque Ovide (43 avant J-C/17) donna ce nom à sa muse mortelle dans " Les amours ".
En Italie, à la Renaissance, le peintre Augustin Carrache en illustrant les " Sonnets luxurieux " de Pierre l' Arétin ( écrivain luthiste,le premier à avoir par écrit remplacé l'ut par un do) d'après les gravures de Jules Romain et Marc-Antoine Raimondi (1525) représenta Ovide et Corinne. Parmi des pièces pour luth solo évoquant des personnages mythologiques, Vincenzo Galilei (1584) composa une gaillarde " Corinna".

" Corinna " comes from the grecian name Korinna (meaning "virgin") of a poetess (born in Tanagra a Boetian town) who lived circa 5 centuries B.C. Korinna is said to have defeated the great Pindar five times (so he called her a "sow ") in a poetry competition. This name "Corinna" name was given by the Roman poet Ovid ( 43 BC- 17) to his mortal Muse in "Amores".
In Italy, at the Renaissance, the painter Agostino Caracci illustrating "Sonetti lussoriosi" by Pietro Aretino after Giulio Romano & Marcoantonio Raimondi's engravings (1525) represented Ovid and Corinna. Among lute solos with names of mythological personages Vincenzo Galilei (1584) composed a "Gagliarde" named "Corinna".


George(s) Chapman a présenté " Corynna " dans le " Banquet des sens d'Ovide " (1595) comme étant Julie, la fille de l' empereur Auguste/César. Le premier, l'évêque de Clermont Sidoine Appolinaire, l'écrivit dans un poème composé environ 450 ans après la mort d'Ovide.
" Et le languissant Ovide, renommé pour ses poèmes lascifs et banni (relégué plus exactement) à Tomes, trop esclave de la fille de César, à qui il donnait le nom étranger de Corinne. "
Aucune preuve de cela n'a été apportée (jusqu'à la récente découverte de Lucien Janssens) et nous n'étions même pas certains de l'existence de cette " Corinne " si ce n'est par une citation d' Ovide :
" J'ai donné un faux nom à ma Corinne " ( Tristes IV, 10. 57-62)


George Chapman had presented "Corynna " in " Ovid's Banquet of Sense " (1595) as being Julia the "daughter to Augustus Caesar ".
This was first written by Sidonius Apollinaris, Bishop of Clermont in this poem composed circa 450 years after Ovid's death :
" And languishing Ovid, famed for his lascivious poems and banished to Tomi, too much erstwhile the slave of Caesar's daughter, whom he called by the foreign name of Corinna . "
Since then no proof has been given (until the recent Lucien Janssens' discovery) and we were not even certain that this "Corinna" had existed, apart from a citation by Ovid :
" Nomine non vero dicta Corinna mihi. " (Tristia. IV, 10. 57-62)
I gave a false name to my " Corinna ".

Il y a également la fameuse chanson " When to her lute Corinna sings " de Thomas Campion (Site avec tablature originale).
There is, too, the famous song " When to her lute Corinna sings " by Thomas Campion (with original tablature).

http://www.luminarium.org/renlit/corinna.htm
Mon coeur est un luth suspendu, Sitôt qu'on le touche, il résonne. (Pierre-Jean de Béranger - Le Refus)

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Roger Traversac
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Re: Corinne, Corinna ... le mystère enfin résolu

Message par Roger Traversac » lun. 10 novembre 2014, 19:33

Voici un accès visuel à notre luthiste grecque de Tanagra en Béotie contemporaine de Korinna :

http://www.insecula.com/oeuvre/O0010582.html
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000035527.html
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000035528.html

Julie, la fille de l'empereur Auguste devait pratiquer également la musique et le chant (L'Art de vivre au temps de Julie, fille d' Auguste Catherine Salles) " Qu'une voix mélodieuse est chose charmante ! Que les jeunes femmes apprennent à chanter savoir tenir le plectre de sa main droite et la cithare de sa main gauche ... effleurer de ses mains les cordes du nable (instrument à 12 cordes d'origine phénicienne) ... je veux qu'elle sache danser ... " Ovide
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