Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Nous discutons ici du niveau de difficulté des oeuvres pour guitare classique, que ce soit sous forme de partition (PDF) ou d'enregistrement (MP3 ou WMV). Le but étant de renseigner la difficulté d'une oeuvre aussi exactement que possible, de façon à faire gagner du temps à celui qui veut travailler une oeuvre. Notre classement se fait par rapport aux années d'études en écoles de musique, au sein d'une échelle allant de 1 à 12.
Règles du forum
Nous discutons ici du niveau de difficulté des oeuvres pour guitare classique, que ce soit sous forme de partition (PDF) ou d'enregistrement (MP3 ou WMV). Le but étant de renseigner la difficulté d'une oeuvre aussi exactement que possible, de façon à faire gagner du temps à celui qui veut travailler une oeuvre. Notre classement se fait par rapport aux années d'études en écoles de musique, au sein d'une échelle allant de 1 à 12.
Brigitte Marquès
Elève des cours en ligne
Messages : 177
Inscription : dim. 27 septembre 2015, 13:24
Localisation : Aveyron

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par Brigitte Marquès » mar. 27 août 2019, 22:51

Une discussion d'expérimentés très intéressante pour la débutante que je suis . :ouioui:
J'avais découvert il y a peu le mode 75% de youtube et je l'utilise depuis pour mieux comprendre les doigtés sur les vidéos.
Élève du cours D02

L'éternel débutant
Messages : 23
Inscription : lun. 26 août 2019, 13:06

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par L'éternel débutant » mer. 28 août 2019, 10:37

Souvent lorsque l'on compose on se soucie moins des problèmes techniques que si on abordait une pièce du même niveau à l'aveugle, il ce passe la même chose avec les transcriptions, une transcription que l'on fait soit même est souvent abordée avec plus de facilités, j'en déduis que le mental joue un rôle important, du moins pour moi qui a parfois du mal a fixer mon esprit et qui a une culture classique un peu pauvre...

alainfrédéric
Messages : 290
Inscription : mer. 09 mars 2016, 11:40
Localisation : paris

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par alainfrédéric » mer. 28 août 2019, 11:40

je souscris complètement aux remarques de Maud: la phase "technique" et le choix musical ne sont pas dissociables. Notamment le choix des doigtés (qui à la guitare est moins une question de "doigts" comme au piano mais est surtout une question de position (sur quelle corde jouer telle note? comment assurer le passage d'une position à l'autre, comment régler le problème des transitions? etc), le choix des doigtés donc doit tout autant être un choix musical: quel doigté pour tel timbre, tel phrasé? etc. Et cela vaut aussi, autant, pour la main droite.
Cela signifie que je n'arrête jamais d'avance un doigté définitif. Je teste tous les doigtés possibles, et je ne tranche qu'après avoir une idée d'ensemble de la pièce et de son interprétation (le conseil de Aussel, de chanter mentalement la pièce est très bon: cela évite de régler l'interprétation sur des contraintes techniques, de doigtés par exemple, mais de faire l'inverse).
Cela veut dire que cela prend du temps... qu'il ne faut pas tenir au résultat d'un travail déjà fait, il faut souvent même le sacrifier si l'idée musicale est contrariée par celui-ci.
Bref, ne pas fermer les possibilités afin de ne pas être tributaire de choix prématurément "mécanisés" qui orientent de façon arbitraire l'interprétation.
Je dis là des banalités, je crois, mais elles comptent.

Quant à écouter la pièce avant, j'évite, j'aime découvrir, j'aime résoudre peu à peu le texte comme on résout une énigme. Mais il est vrai que souvent, c'est d'avoir entendu une pièce qui la fait découvrir et qui donne envie de la jouer. le tout est de ne pas s’imprégner trop d'une interprétation afin de laisser ouverte la sienne propre.

alainfrédéric
Messages : 290
Inscription : mer. 09 mars 2016, 11:40
Localisation : paris

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par alainfrédéric » mer. 28 août 2019, 11:43

Quant au fait de jouer "sans y penser", en regardant une série par exemple, je pense qu'il faut s'en méfier. Car cette imprégnation mécanique, qui mobilise la mémoire corporelle (digitale) peut être un piège: en situation de stress par exemple (face à un public), il peut arriver que le corps ne réponde plus, même pour une pièce qu'on croyait complètement maîtrisée "corporellement". Il faut, je crois, que la tête reste présente jusque dans la phase de finition. La tête, c'est-à-dire les notes (et non les seuls doigtés).

andrianjatovomamy7
Messages : 108
Inscription : mer. 05 juillet 2017, 10:36

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par andrianjatovomamy7 » mer. 28 août 2019, 15:18

Pour moi, le premier déchiffrage est toujours accompagné d'actes d'écriture : je note les doigtés là où il n'y en a pas si j'en ressens le besoin, parfois je modifie certains doigtés, il m'arrive aussi de noter les accords pour mieux comprendre la progression harmonique et faciliter la mémorisation.
Je commence rarement par le début d'une pièce, pour éviter que le début soit "plus travaillé" que les autres parties.
Des fois, pour les pièces difficiles, je travaille une partie et je laisse "macérer" quelque temps avant de continuer (la notion de difficulté est relative et varie d'une personne à l'autre, à mon avis : une pièce que je trouve difficile peut être facile pour les autres).
simple amateur, plus mélomane qu'expert
Guitare classique artisanale, sans marque, touche et chevalet en palissandre de Madagascar, sillets en os

Avatar de l’utilisateur
Daniel19
Messages : 12
Inscription : lun. 17 juin 2019, 20:54

Re: Une méthode de travail pour les oeuvres difficiles

Message par Daniel19 » dim. 01 septembre 2019, 23:31

Bonsoir,
Je viens de lire des posts très intéressants sur les différentes façons d’appréhender un oeuvre et je ne peux éviter de faire un parallèle qui peut paraitre exagéré avec le Tai Chi Chuan que je pratique assidument depuis longtemps, notamment sur l'aspect de la respiration et de la mémoire corporelle ; en fait pas si exagéré que ça car tout est dans tout ( et vice-versa) :mrgreen:

Au Tai Chi, souvent les débutants me demandent quand est ce qu'on travaille la respiration...d'autant plus que cette forme de Tai chi est très exigeante au niveau physique et mental. (une forme chorégraphiée de 108 mouvements dans toutes les directions). je réponds que la respiration est l'ultime étape de travail dans la mesure où elle ne peut etre mise en place que lorsque l’exécution est suffisamment relâchée ; comment espérer inclure cet élément alors que le corps est parfois tétanisé et bloqué par des contractions musculaires qui compriment la cage thoracique au niveau abdominal et surtout costal ?
En étant relâché ; mais le relâchement ne se décrète pas ; les injonctions de ce type (soyez heureux, etc) n'ont aucune efficacité. Pour la plupart qui n'ont pas une ou des expériences dans le domaine d'une activité faisant appel au relâchement, on observe qu'il est impossible à mettre en oeuvre pendant la phase d'apprentissage où le cerveau et le le corps sont tendus vers l'objectif de la réussite, certes avec un cout énergétique non négligeable.
D'expérience, c'est un passage obligé, le temps (assez long) qu'une certaine maitrise technique globale puisse s'établir et permettre d'aborder des nouveautés sereinement.
Ensuite, il convient d'aiguiser sa proprioception en ouvrant de nouveau les canaux et en s'efforçant de scanner son corps, d'étre à l’écoute de celui ci, de ses muscles, des tensions ici où là ; dé-contracter le muscle qui n'a aucun role à jouer pour le coup et mesurer la tension exercée par ceux qui doivent agir. (ex : qui n'a jamais broyé le volant de sa voiture?)
alainfrédéric a écrit :
mer. 28 août 2019, 11:43
Quant au fait de jouer "sans y penser", en regardant une série par exemple, je pense qu'il faut s'en méfier. Car cette imprégnation mécanique, qui mobilise la mémoire corporelle (digitale) peut être un piège
Quand à la mémoire corporelle, je persiste à penser qu'elle est capitale et à cultiver. J'ai récemment retravaillé une pièce que je jouais il y a 30 ans, les doigtés de l'époque sont venus se superposer naturellement (s'imposer) aux nouveaux...
Le cerveau, l'intellect, donne l'intention et garde le contrôle , le corps lui, fait ce qu'il a appris ; pourquoi se passer cette fantastique ressource mémorielle?

Bonsoir :russa:

Revenir à « La difficulté des oeuvres pour guitare classique »