pédagogie ouverte

Quelle méthode ? Pour enfant, pour adulte ?
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Elisabeth Calvet
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Re: pédagogie ouverte

Message par Elisabeth Calvet » jeu. 27 novembre 2014, 20:04

kikoue a écrit :+1) bien vu Elisabeth !

Bon si l'on devait faire un parallèle ce sont surtout des élèves adultes qui y participent. Mais justement
ce qui est intéressant, c'est que dans les écoles de musique et conservatoires, les élèves adultes sont
réticents assez souvent à passer des examens, et parfois même dans certaines structures leur participation
se limite aux auditions. Sur le forum, de nombreux élèves se présentent aux sessions d'examen.
Qu'en plus, quand on a plus de 18 ans, on n'est pas admis, enfin, c'est le cas dans les conservatoires de près de chez moi, à moins d'avoir un niveau de malade pour son âge.
Eh oui, à 18 ans, t'es vieux...ça ne vaut plus la peine...
ça aussi, c'est dingue, non ?
- Je ne sais pas.
- Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame
L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait d'éclater. Il en frémit.
(Marguerite Duras)

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Re: pédagogie ouverte

Message par Pascal Lepage » jeu. 27 novembre 2014, 21:55

Elisabeth Calvet a écrit :
kikoue a écrit :+1) bien vu Elisabeth !

Bon si l'on devait faire un parallèle ce sont surtout des élèves adultes qui y participent. Mais justement
ce qui est intéressant, c'est que dans les écoles de musique et conservatoires, les élèves adultes sont
réticents assez souvent à passer des examens, et parfois même dans certaines structures leur participation
se limite aux auditions. Sur le forum, de nombreux élèves se présentent aux sessions d'examen.
Qu'en plus, quand on a plus de 18 ans, on n'est pas admis, enfin, c'est le cas dans les conservatoires de près de chez moi, à moins d'avoir un niveau de malade pour son âge.
Eh oui, à 18 ans, t'es vieux...ça ne vaut plus la peine...
ça aussi, c'est dingue, non ?
C'est vrai, c'est complètement fou ... :cry: mais j'ose espérer qu'il y a encore des conservatoires un peu moins regardant sur l'âge quand même, non ?
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Elisabeth Calvet
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Re: pédagogie ouverte

Message par Elisabeth Calvet » jeu. 27 novembre 2014, 22:39

ça dépend de l'instrument...
Si tu veux jouer de la clarinette, ça va, heureusement pour la clarinette, c'est un bel instrument.
Mais pour la guitare, c'est différent...
C'est une question d'effectif...
- Je ne sais pas.
- Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame
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Re: pédagogie ouverte

Message par Clément Pic » jeu. 27 novembre 2014, 22:50

Elisabeth Calvet a écrit :Pour les examens, s'il y en a qui ont envie, ça pourrait être facultatif, comme ici, sur les cours en ligne.
C'est peut-être bien Jean-François, le précurseur du "Système", en France...
Pas du tout (si j'aii compris comment fonctionne le "systema".

Le premier geste du système, c'est de donner un instrument puis un musicien vient transmettre.
Le premier geste de Jean-François, c'est de te donner des partitions. (et c'est grâce à ce truc que j'ai repris la guitare et suis devenu prof).

Une démarche n'exclue pas l'autre et elles ne s'adressent pas tout à fait au même public (et comme ça tout le monde est content).

Pour les "examens" j'imagine une sorte de carnet de compétences, de répertoire explorés avec un carnet de suivi comme ça: http://fr.finalfantasy.wikia.com/wiki/Sphérier ... Il y aurait quand même un bilan de fin d'année et en fin de "cycle" un projet perso (avec une pièce à jouer seul, un truc à écrire et/ou improviser, la participation aux activités de l'année... un système de ceinture ou de "badge" comme chez les scouts. La cérémonie de bilan ne serait pas un examen, mais une remise des prix avec une démonstration des projets.
Pour les plus grands, serait aussi pris en compte la capacité à encadrer les plus petits.

édit: ajouter "érier" à la fin de l'adresse.
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Re: pédagogie ouverte

Message par Isabelle Frizac » jeu. 27 novembre 2014, 23:32

Ce " bilan" pour le passage de cycle, ça fait plusieurs années que nous la pratiquons dans notre école de musique .

Pour faire simple ( il n' y a plus d' examens depuis une quinzaine d' années) .

- les élèves jouent tous un morceau , en principe par coeur , seul ou en duo, trio, etc , au cours d' un petit concert appelé bilan chez nous et qui se passe fin mars-début avril .
Un ou deux guitaristes, parfois aussi un prof non guitariste, sont invités à écouter, puis faire des commentaires aux élèves et leurs parents à la fin du bilan.
Commentaires avec le côté positif de l' élève mis en avant , tout en signalant les points faibles à réviser.

- Ce sont les profs qui décident ( seuls ) quel élève change de cycle ( en fonction des compétences requises ).
Ensuite, courant juin, il y a un Concert des fins de cycle où les élèves jouent , très rarement en solistes pour les petits ( entrée en 1er cycle) , mais en ensemble avec des instrumentistes ( pas que des guitaristes ) , et les plus grands ( ceux qui entrent en 2ème cycle) encadrent les petits, donnent les départs des différents morceaux et jouent l' accompagnement...avant de jouer ensuite avec des élèves de leur niveau... :okok:

Ce système fonctionne très bien , le maire et quelques élus sont toujours présents et donnent les diplômes de passage de cycle aux élèves , en présence des parents, parfois toute la famille , car pour beaucoup, c' est le 1er diplôme qu' ils obtiennent , et c' est très bien que les élèves soient mis à l' honneur .

je précise que les classes de FM changent aussi de cycle, donc jouent des pièces tous instruments mélangés. ( réécrits et adaptés pour la circonstance :wink: ).
Bien sûr, il faut répéter pour tout mettre en place , mais c' est vraiment " que du bonheur", comme on dit :D ... :limaeunghie: :serenade:
Qui s' y frotte s' y pique ( devise lorraine).
Que trépasse si je faiblis !
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FrançoiseEsposito
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Re: pédagogie ouverte

Message par FrançoiseEsposito » ven. 28 novembre 2014, 10:32

en fait tu veux adapter le jeu final fantasy au parcours d'apprentissage de la musique ? un genre de parcours évolutif ? je trouve l'idée très originale et ludique ! :idea:
si j'ai bien compris....

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Isabelle Frizac
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Re: pédagogie ouverte

Message par Isabelle Frizac » ven. 28 novembre 2014, 10:36

FrançoiseEsposito a écrit :en fait tu veux adapter le jeu final fantasy au parcours d'apprentissage de la musique ? un genre de parcours évolutif ? je trouve l'idée très originale et ludique ! :idea:
si j'ai bien compris....

Euh.....Rien compris à ton message ! :!:


:kap:
Qui s' y frotte s' y pique ( devise lorraine).
Que trépasse si je faiblis !
Gardez espoir .
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Anon.

Re: pédagogie ouverte

Message par Anon. » ven. 28 novembre 2014, 11:17

Ariane Fiorina a écrit :
Anon. a écrit :Nous les avons supprimé depuis plus de 7 ans. Depuis 2 ans je milite pour les rétablir. Pas un truc de fou bien sur. Pas de sanction tu redoubles, t'est nul etc... Mais sans le mot magique "examen", les enfants pratiquent moins et les parents aussi.
Ce qui est vrai pour certain n'est pas vrai pour tous. Que proposes tu pour les grands émotifs qui sont tétanisés par l'examen et qui se passent très bien de cette pression pour avancer, que seul le plaisir motive? Ça existe c'est mon cas et c'est aussi celui de ma fille qui bosse tous les jours bien mieux depuis qu'elle sait qu'elle n'aura pas d'examen à la fin de l'année.
Pour les gens qui ne veulent pas ce genre d'apprentissage, il existe des cours particuliers, des écoles associatives, des profs en libéral, des "tutoriaux" internet, des copains pour jouer ensemble. A chacun de choisir l'offre qui lui convient le mieux.
Notez juste que tous les conservatoires ne sont pas similaires. Certains sont moins regardant sur la limite d'âge, d'autres si car ils ont vocation à aussi former des futurs pro.
Même si je critique le côté Bonapartiste des conservatoires, il faut aussi comprendre qu'ils ont un rôle. Ils sont des écoles, des bibliothèques, des lieux de ressources. Ce ne sont pas des foires, des supermarchés de la culture, un centre d'animation, une garderie.
Il faut toujours avoir en tête que quand tu travail dans un service public ce qui te paye c'est l'argent des autres. Un élève coute entre 900 et 3000 euros ( ça on ne le dit pas aux élèves bien sur, sauf les adultes si la question se pose ). Peut-on quand on a une liste d'attente parfois longue comme un bras garder dans sa classe un élève pendant 4/5 ans qui ne fait absolument rien et qui parfois vous dit tout net qu'il est là à cause de la volonté de ses parents ?
L'argent investit dans sa formation pourrait servir à d'autres choses ou alors à d'autres élèves motivés. Évidemment, si c'est la volonté de l'élu, et donc de la collectivité d'ouvrir les portes du conservatoire à tous, les fonctionnaires territoriaux obéiront avec plaisir à ce souhait.
Dans le cas, d'une association, ou d'un cours particulier, si l'élève ne progresse que très très lentement, je met au courant les parents. Si ils décident que leur enfant doit continuer alors aucun problème. Je m'adapte à la situation et tente de trouver des solutions pour "accrocher" l'enfant à la musique. Tout se passe bien, personne ne pleure et tout le monde est au courant. C'est une question d'honnêteté.
Parfois, il faut attendre le moment propice dans la vie pour la musique, des fois ces dispositions favorables ne viendront simplement pas. Le but c'est que l'enfant s'épanouisse et, parfois, il faut comprendre que l'argent des parents et les capacités de l'enfant se réaliseront bien mieux dans autre chose que la musique.

Je considère qu'un élève est bon du moment où il manifeste le désir de jouer, de faire de la musique. Le niveau est très secondaire. On part tous à peu prêt égal devant l'apprentissage de la musique. Certains ont une bonne position rapidement, une meilleure mémoire mais les autres auront une sensibilité plus affirmée etc.... tous ont des qualités qu'il convient de repérer, de mettre en avant et de cultiver. De ce point de vue ont est tous différents mais relativement égaux. Le don n'existe pas. En principe un élève motivé progressera et c'est cela qui compte. La vitesse de progression ce n'est pas important. Ce qui compte c'est que ça avance.
kikoue a écrit : Tu réfléchis à récompenser les "très bons", et pour les autres, qu'est-ce que tu leur proposes ? :wink:
justement, cela les motiverait certainement de recevoir un peu de musique, aussi...
Au sujet des récompenses. Je procède avec tact. Aucun des autres élèves n'est au courant que j'offre des petites choses, aucun des élèves n'est au courant qu'a la fin de l'année il est susceptible de recevoir un petit truc. Tous font de la musique pour leur plaisir et leur développement.
Pour les adultes c'est différent. Je donne de mon temps ( dans la mesure de mes possibilités ) quand je vois des adultes motivés.
kikoue a écrit : C'est un peu pareil dans les sports collectifs, il y a des enfants qui participent aux entraînements, et tintin...
le jour du match ils ne jouent pas, ou 3 minutes :?
A la différence des ces exemples, c'est qu'aucun élèves n'a des cours au rabais, tous peuvent participer aux auditions sans distinctions.

J'ai connu un prof qui pendant un an, la première année ne faisait que de la technique. Je ne condamne pas cet façon de faire.
kikoue a écrit : C'est tout à fait déconseillé de récompenser, tous les spécialistes de l'enfance sont unanimes à ce sujet. Que ce soit dans le contexte familial, scolaire, ou loisirs. L'élève joue et progresse pour lui même et pour la musique, et ses possibles partages. C'est cela la récompense, la vraie, c'est presque déjà
de la philosophie, on devrait y sensibiliser les enfants aussi.
Les spécialistes de l'enfance ? Qui ? Des gens dans des bureaux qui donne des leçons de pédagogie après avoir quitté le terrain depuis 10 ans, si il l'ont connu ? Parlez-en aux instits, et aux parents... :D Inversement, certains formateurs ont des choses à transmettre et il est du devoir de l'enseignant de se former à ce sujet.
On est pas des rats de laboratoire, chaque individus est différent et la pédagogie ne peut souffrir de vérité absolue, de grands mots, de maxime . L'enseignant est dans une posture d'évaluation permanente dans l'objectif d'apporter le meilleur à chaque élève.
Mon expérience me fait penser qu'un gros pourcentage réagit positivement à l'émulation, le challenge, la récompense si cela reste un jeu et qu'aucune sanction n'est prévue.
De même un certains pourcentage ( mais je ne fait pas des calculs de boutiquier à ce sujet...) joue pour draguer les filles ( ou les gars ), pour lui-même, pour les autres, pour la compét, pour maman, pour faire partie d'un groupe, pour l'argent etc....

kikoue a écrit :
Anon. a écrit :L'important est de garder le plaisir de jouer et de n'être que positif.
oui, pour tous les élèves
Bien sur ! Cela va de soi. Celui qui n'a pas cela en tête ne doit pas enseigner.

kikoue

Re: pédagogie ouverte

Message par kikoue » ven. 28 novembre 2014, 12:44

Anon. a écrit :Au sujet des récompenses. Je procède avec tact. Aucun des autres élèves n'est au courant que j'offre des petites choses, aucun des élèves n'est au courant qu'a la fin de l'année il est susceptible de recevoir un petit truc. Tous font de la musique pour leur plaisir et leur développement.
Pour les adultes c'est différent. Je donne de mon temps ( dans la mesure de mes possibilités ) quand je vois des adultes motivés.
Je te laisse expérimenter, tu apprécieras mieux quand il y aura un hic (ce que je te ne souhaite pas d'ailleurs :wink: ) mais les enfants ou ado échangent entre eux, ou même les parents, pour toutes sortes de raisons, ou motivations.
Sur le fond, c'est agréable de faire plaisir, et c'est tentant, mais il me semble bien qu'il y a d'autres manières d'encourager,
comme ce que tu proposes : du temps en plus par exemple. Ou tout simplement quelques mots bien choisis "qui marquent" et accompagneront
les élèves peut-être toute leur vie avec la musique. Le cahier de suivi, les bulletins trimestriels, ou même un petit
mot du professeur sur une partition. Les élèves ont tous des attentes, parfois c'est bien caché et non exprimé, je ne dis pas que c'est simple,
mais c'est fragile et précieux.
Anon. a écrit :A la différence des ces exemples, c'est qu'aucun élèves n'a des cours au rabais, tous peuvent participer aux auditions sans distinctions.

J'ai connu un prof qui pendant un an, la première année ne faisait que de la technique. Je ne condamne pas cet façon de faire.
Je faisais ce parallèle parce que la participation à un match est souvent perçu comme "la" récompense. Et qu'il n'y a pas toujours de la pédagogie
autour pour communiquer, et exprimer à un enfant, pourquoi il ne joue pas, et reste sur la touche. Ou même chez lui.

Anon. a écrit :Les spécialistes de l'enfance ? Qui ? Des gens dans des bureaux qui donne des leçons de pédagogie après avoir quitté le terrain depuis 10 ans, si il l'ont connu ? Parlez-en aux instits, et aux parents... :D Inversement, certains formateurs ont des choses à transmettre et il est du devoir de l'enseignant de se former à ce sujet.
On est pas des rats de laboratoire, chaque individus est différent et la pédagogie ne peut souffrir de vérité absolue, de grands mots, de maxime . L'enseignant est dans une posture d'évaluation permanente dans l'objectif d'apporter le meilleur à chaque élève.
Mon expérience me fait penser qu'un gros pourcentage réagit positivement à l'émulation, le challenge, la récompense si cela reste un jeu et qu'aucune sanction n'est prévue.
Tu les connais personnellement ces personnes qui écrivent ? serait-ce des préjugés Romaric :wink:
Ce que la vie m'a enseigné c'est que l'on ne sait rien, ou si peu. J'ai travaillé en milieu scolaire (auxiliaire de vie scolaire, accompagnement des élèves en situation de handicap) et aussi bénévolement
en animant des ateliers contes, cela m'a énormément éclairée et mon regard a franchement évolué.

Plus haut sur ce post, tu évoquais que les enseignants de l'éducation nationale
et des conservatoires, écoles de musique n'ont pas le même statut, on devrait y réfléchir, et créer des passerelles.
Ce serait intéressant et enrichissant, que les enseignants (toutes disciplines confondues) aient des stages d'immersion et réciproquement.
(peut-être que c'est déjà d'actualité).
On ne retrouve pas de psychologue, par exemple, même une ou deux permanences par mois dans les conservatoires, ce ne serait
pas inutile... (possible qu'il y en ait dans les grandes structures, je ne sais pas, éclairez moi)

Au niveau de la motivation et des encouragements, ce sont des projets collectifs que l'on récompense, c'est le groupe qui gagne, ou
le groupe qui perd, cela change tout.
C'est cela que j'ai "perçu" au fil de ces trois années d'accompagnement dans les classes (primaires et maternelles).
Anon. a écrit :De même un certains pourcentage ( mais je ne fait pas des calculs de boutiquier à ce sujet...) joue pour draguer les filles ( ou les gars ), pour lui-même, pour les autres, pour la compét, pour maman, pour faire partie d'un groupe, pour l'argent etc....
C'est autre chose, et c'est indispensable à terme de clarifier, et le professeur de l'exprimer.

Ariane Fiorina

Re: pédagogie ouverte

Message par Ariane Fiorina » ven. 28 novembre 2014, 13:21

Anon. a écrit :Pour les gens qui ne veulent pas ce genre d'apprentissage, il existe des cours particuliers, des écoles associatives, des profs en libéral, des "tutoriaux" internet, des copains pour jouer ensemble. A chacun de choisir l'offre qui lui convient le mieux.

Je comprend bien ce que tu m'opposes cependant, ce que tu dis n'est pas tout a fait vrai. Selon le territoire où tu habites, l'offre est plus ou moins grande. L'offre est grande dans les grandes villes en fait. Et les cours particuliers ne sont pas accessibles à toutes les bourses. de la même manière selon le territoire habité le coût d'une formation musicale varies fortement même au sein de structures de service publique car les subventionnements ne sont pas les mêmes. Et si je comprend bien ta position, dans les conservatoires c'est inévitable que le système favorise la compétition et s'adresse uniquement à ceux qui sont à l'aise avec cela. Bon je ne peux pas lutter contre cette vision je peux juste dire que je ne la partage pas.
Anon. a écrit :il faut aussi comprendre qu'ils ont un rôle. Ils sont des écoles, des bibliothèques, des lieux de ressources. Ce ne sont pas des foires, des supermarchés de la culture, un centre d'animation, une garderie.
Je ne comprends pas pourquoi tu présentes les choses ainsi, nulle personne dans cet échange ne voit les choses de cette façon il me semble.
Anon. a écrit :Il faut toujours avoir en tête que quand tu travail dans un service public ce qui te paye c'est l'argent des autres
Oui on pourrait aussi formuler les choses autrement il me semble qu'il est plus juste de dire que c'est l'argent de tous pas seulement des autres...
Dans ce cas il serait normal que le service s'adresse à tous ceux qui sont intéressés.
Anon. a écrit :Peut-on quand on a une liste d'attente parfois longue comme un bras garder dans sa classe un élève pendant 4/5 ans qui ne fait absolument rien et qui parfois vous dit tout net qu'il est là à cause de la volonté de ses parents ?
Non je suis d'accord il faudrait peut-être au moment de l'inscription évaluer ce genre de situation. Mais je parlais moi pour les élèves qui sont motivés par le plaisir de la pratique instrumentale mais qui en revanche ne sont pas à l'aise avec les examens ou avec le rythme imposé par l'institution. Et pour ceux là il devrait y avoir aussi une offre publique (car c'est l'argent de tous) pour des raisons d'équité.

Anon.

Re: pédagogie ouverte

Message par Anon. » ven. 28 novembre 2014, 13:24

kikoue a écrit :
Je te laisse expérimenter, tu apprécieras mieux quand il y aura un hic (ce que je te ne souhaite pas d'ailleurs :wink: ) mais les enfants ou ado échangent entre eux, ou même les parents, pour toutes sortes de raisons, ou motivations.
Il n'y à pas de raisons pour qu'il y ait des hics. Ce sont même les parents qui sont demandeur de ce genre de pédagogie parfois. Ils peut y avoir des "hic" dans n'importe quel type d'enseignement.
Par exemple dans une structure où j'enseigne le directeur à souhaité limiter à 4 ans la participation des élèves. Super :D ! Ça laisse plus de chances d'avoir une place mais que fait-on du bon élève, celui avec qui on "accroche"? Doit-on casser une relation prof/élève qui fonctionne et fructueuse sous prétexte de laisser à chacun une chance ? C'est tout le problème de l'égalitarisme... Aucun système n'est parfait. Avantage, inconvénient...

Il faut faire des choix, un prof n'est aussi qu'un élément dans une direction pédagogique définie par l'établissement. Si il n'est pas d'accord il est libre de s'exprimer ou de remettre sa démission.

Mon expérience me fait juste penser qu'il n'y a pas de modèle de prof ou de pédagogie.
kikoue a écrit : Sur le fond, c'est agréable de faire plaisir, et c'est tentant, mais il me semble bien qu'il y a d'autres manières d'encourager,
comme ce que tu proposes : du temps en plus par exemple. Ou tout simplement quelques mots bien choisis "qui marquent" et accompagneront
L'un n'empêche pas l'autre bien sur !

Anon. a écrit :
Je faisais ce parallèle parce que la participation à un match est souvent perçu comme "la" récompense. Et qu'il n'y a pas toujours de la pédagogie
autour pour communiquer, et exprimer à un enfant, pourquoi il ne joue pas, et reste sur la touche. Ou même chez lui.
Ho ! je peut vous donner pas mal de raisons sur le manque de motivation à pratiquer un instruments ! Peut-être justement parceque certains considère qu'il n'y a pas de récompense. Ou que le rapport travail fournis/récompense n'est pas intéressant pour eux.

Le pratique d'ensemble permet d'activer les mêmes intérêts que la récompense matérielle ( d'ailleurs elle est toute symbolique en ce qui me concerne ). Celle-ci alors ne sera pas un Cd ou un livre ou un diplôme mais peut-être aussi la reconnaissance de ses qualités musicale par le groupe de musiciens, par le public etc. La récompense est alors l'estime de soi.
kikoue a écrit :
Tu les connais personnellement ces personnes qui écrivent ? serait-ce des préjugés Romaric :wink:

Je les connais un petit peu. J'en fait un peu partie aussi... C'est pourquoi,j'ai ajouté ceci: "Inversement, certains formateurs ont des choses à transmettre et il est du devoir de l'enseignant de se former à ce sujet."
Chaque enseignant a la liberté de choisir sa façon de faire. Si elle ne plaît pas à certains ils n'ont qu'a en changer. C'est essentiel. Faire l'inverse se serait ériger en doctrine une méthode, s'approcher de l'autoritarisme et du formatage. Ce qui marche avec l'un ne marche pas forcément avec l'autre. C'est aussi pourquoi le cours individuel n'est pas qu'un simple luxe et qu'il ne remet pas en question l'efficacité de la pédagogie de groupe.
kikoue a écrit : Plus haut sur ce post, tu évoquais que les enseignants de l'éducation nationale
et des conservatoires, écoles de musique n'ont pas le même statut, on devrait y réfléchir, et créer des passerelles.

Je parlait de statut, de cadre d'emploi, d'un point de vue juridique, droit du travail. Pas de pédagogie à proprement parler.
kikoue a écrit : On ne retrouve pas de psychologue, par exemple, même une ou deux permanences par mois dans les conservatoires, ce ne serait
pas inutile... (possible qu'il y en ait dans les grandes structures, je ne sais pas, éclairez moi)

Des psychologues, je ne crois pas. Les enseignants peuvent accéder à la médecine du travail. Il existe des intervenants ponctuels. Ceux-ci peuvent proposer des enseignements destinés aux élèves ( ou aux profs ) sur la gestion du trac, l'approche psychologique du concours et autres par exemple.

Anon.

Re: pédagogie ouverte

Message par Anon. » ven. 28 novembre 2014, 13:38

Ariane Fiorina a écrit : Je comprend bien ce que tu m'opposes cependant, ce que tu dis n'est pas tout a fait vrai. Selon le territoire où tu habites, l'offre est plus ou moins grande. L'offre est grande dans les grandes villes en fait. Et les cours particuliers ne sont pas accessibles à toutes les bourses. de la même manière selon le territoire habité le coût d'une formation musicale varies fortement même au sein de structures de service publique car les subventionnements ne sont pas les mêmes. Et si je comprend bien ta position, dans les conservatoires c'est inévitable que le système favorise la compétition et s'adresse uniquement à ceux qui sont à l'aise avec cela. Bon je ne peux pas lutter contre cette vision je peux juste dire que je ne la partage pas.
En tant que simple prof, je suis incapable d'avoir une influence sur la répartitions géographique des conservatoires/écoles de musiques. Là faut voir avec madame le ministre...

Le conservatoire ne favorise pas forcément la compétition. Cela dépend des structures, des projets pédagogiques, de la direction ,des élus, de chaque prof, des parents, des élèves (certains aiment la compèt sisi ). Moi je m'adapte aux désidératas des uns, essaye de comprendre chez l'autre ce qui pourrait le pousser à aimer la musique. En bref on s'adapte en fonctions de la situation.
Rien n'est figé.
Ariane Fiorina a écrit : Oui on pourrait aussi formuler les choses autrement il me semble qu'il est plus juste de dire que c'est l'argent de tous pas seulement des autres...
Dans ce cas il serait normal que le service s'adresse à tous ceux qui sont intéressés.
Bien sur ! Je suis assez outré par l’accueil des personnes âgées dans les conservatoire ou par les limites d'âges ( pour les plus petits aussi d'ailleurs )par exemple.

Ariane Fiorina a écrit : Non je suis d'accord il faudrait peut-être au moment de l'inscription évaluer ce genre de situation. Mais je parlais moi pour les élèves qui sont motivés par le plaisir de la pratique instrumentale mais qui en revanche ne sont pas à l'aise avec les examens ou avec le rythme imposé par l'institution. Et pour ceux là il devrait y avoir aussi une offre publique (car c'est l'argent de tous) pour des raisons d'équité.
Là faut écrire au maire de votre commune pour qu'il subventionne une école de musique, un ou plusieurs enseignants.

Il est inévitable pour une structure de définir des règles de fonctionnements. SI l'on adhère pas à cette façons de faire et que l'on désire la flexibilité maximum ( un cours quand on veut par exemple ), il faudra peut-être chercher dans le cours individuel à domicile.
Mais le conservatoire n'est pas le lieu si souvent décrié de la sélection à outrance. Vous êtes peut-être tombée avec un prof qui pratiquait une pédagogie qui ne vous convenait tout simplement pas.

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Re: pédagogie ouverte

Message par Elisabeth Calvet » ven. 28 novembre 2014, 14:13

En ce qui concerne les limites d'âge, il me semble que c'est moins strict dans les petites villes que dans les grandes, ce ne sont pas les mêmes catégories d'établissements...
- Je ne sais pas.
- Tu es sûr de ne pas savoir ce que ça veut dire, moderato cantabile ? reprit la dame
L'enfant, immobile, les yeux baissés, fut seul à se souvenir que le soir venait d'éclater. Il en frémit.
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Re: pédagogie ouverte

Message par Clément Pic » ven. 28 novembre 2014, 19:07

FrançoiseEsposito a écrit :en fait tu veux adapter le jeu final fantasy au parcours d'apprentissage de la musique ? un genre de parcours évolutif ? je trouve l'idée très originale et ludique ! :idea:
si j'ai bien compris....
Je veux adapter le principe de progression du jeu.
Il faudrait que je dessine un premier modèle, ça sera plus clair.
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Re: pédagogie ouverte

Message par Clément Pic » ven. 28 novembre 2014, 19:12

Anon. a écrit :(...)
Même si je critique le côté Bonapartiste des conservatoires, il faut aussi comprendre qu'ils ont un rôle. Ils sont des écoles, des bibliothèques, des lieux de ressources. Ce ne sont pas des foires, des supermarchés de la culture, un centre d'animation, une garderie.
Il faut toujours avoir en tête que quand tu travail dans un service public ce qui te paye c'est l'argent des autres. Un élève coute entre 900 et 3000 euros ( ça on ne le dit pas aux élèves bien sur, sauf les adultes si la question se pose ). Peut-on quand on a une liste d'attente parfois longue comme un bras garder dans sa classe un élève pendant 4/5 ans qui ne fait absolument rien et qui parfois vous dit tout net qu'il est là à cause de la volonté de ses parents ?
L'argent investit dans sa formation pourrait servir à d'autres choses ou alors à d'autres élèves motivés. Évidemment, si c'est la volonté de l'élu, et donc de la collectivité d'ouvrir les portes du conservatoire à tous, les fonctionnaires territoriaux obéiront avec plaisir à ce souhait.
Justement, les 4-5 ans, ça correspond plus ou moins à la durée de ce fameux premier cycle "dû".
Ensuite, il faut faire une nuance, c'est dans dans la mesure où c'est un acte libre. Si c'est un acte contraint, le dû c'est que le gamin il puisse faire autre chose. Nous sommes là pour exercer une mission de service public (dans les conservatoires) pas pour participer aux caprices des gens. (difficile discernement, très très très difficile).
Et justement, ce n'est pas une formation.

Pour les "récompenses", j'aimerai bien savoir pourquoi c'est déconseillé.
Dernière modification par Clément Pic le ven. 05 décembre 2014, 23:55, modifié 1 fois.
In cobbles I trust.
In bescherelle I must trust.

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