Field… la piste secrète.

Guitares classiques, guitare baroque, guitare renaissance, luths, vihuela, théorbes ...

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Benoît Ducène
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Re: Field… la piste secrète.

Message par Benoît Ducène » jeu. 13 février 2014, 19:06

valère a écrit :Car pour ce qui est du génie de l’interprétation, tu m’accorderas que Dukic n’est pas le dernier venu. Ecoutons-le un instant faire fondre comme beurre au soleil sa Friederich de 2000, tendue comme une arbalète,
Valère
Chers Valère, Olga, Tournesol ou autres,

Zoran t'aurait-il prêté sa Friederich pour que tu puisses constater qu'elle est "tendue comme une arbalète"?
Peux-tu nous expliquer pourquoi elle est apparemment si tendue ? En d'autres termes, peux-tu nous dire quelles cordes s'y trouvaient et à quelle hauteur ?

Merci d'avance.

Benoît

Benoît Ducène
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Re: Field… la piste secrète.

Message par Benoît Ducène » jeu. 13 février 2014, 19:33

valère a écrit : « Je suis littéralement épuisé à force de me tordre de rire chaque fois que j’entends le mot « progrès ». J’en reviens toujours là : quels ont été les trois éléments déclencheurs de l’art contemporain ? Les peintures pariétales, l’art nègre et la peinture japonaise du XVIIe siècle. En art, il y a des choix, des modes aussi, me de progrès : que nenni !!!

Quant au progrès technique, il produit… du progrès technique… et, progressivement, une forme de dégénérescence de l’homme qui en devient de plus en plus dépendant.

Rebonjour, être inconnu,

Je ne crois pas l'avoir jamais écrit ici, ce mot progrès. Cependant, ta réflexion me gêne énormément.

Je crois (corrige-moi si je me trompe) que tu confonds ou veux nous faire confondre l'art du peintre et son pinceau. Notre art, ce n'est ni la guitare elle-même, ni les cordes, ni une éventuelle amplification, mais le geste de l'interprète - empreint de sa connaissance et de ses émotions - qui donnera vie à l'ensemble de ces outils, avec plus ou moins de bonheur.

Te classes-tu parmi les guitaristes dégénérescents (subsidiairement, es-tu guitariste tout simplement?) ou utilises-tu des cordes en boyau ? Pour toi, je suppose que le nylon est impensable et le "carbone" abject... Et au fond, pourquoi jouer de la guitare classique, et pas romantique ou baroque, voire du luth, du oud...? La supposée dégénérescence impliquerait que "le" guitariste produit un art de moindre intérêt qu'un luthiste il y a 4 siècles...?

Moi, je ne vois pas en quoi le progrès technique (nature de la table d'harmonie, nature des cordes ou quoi que ce soit) est incompatible avec l'expression musicale.

Benoît

valère
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Re: Field… la piste secrète.

Message par valère » ven. 14 février 2014, 05:10

Bien cher Benoît,

j'avais cru comprendre autrefois que ces lignes... de ta plus belle écriture, s'adressaient à moi :
"Bon, délaissons le style delonisant et soyons sérieux l’espace d’un instant. Faisons un pacte : je te laisse libre de délirer dans de multiples fils du forum, sans m’en mêler aucunement, comme jusqu’à présent, et tu ne détournes ou dénatures pas mes propos. Deal ?"

Le pacte est-il rompu ?
Tu m'en vois enchanté, car malgré les corrections que je pouvais apporter aux messages d'Olga, il m'était souvent difficile d'éclairer toutes les nuances qu'elle y mettait, d'où certainement les imprécisions qui ont conduit à ce fâcheux qui pro quo. Car, pour avoir longuement échangé avec elle, je peux certifier que pas une seconde elle n'aurait pu associer l'idée d'ignorance à ta personne. Ce terme visait quelqu'autre animal bien connu pour ses intrusions... mais c'est là un autre sujet.
Elle m'a même souvent parlé de tes compositions qu'elle apprécie, bref pas l'ombre d'une animosité à ton encontre n'est jamais venue assombrir nos conversations.
Mais c'est un autre sujet...

Je ne pourrai pas cette fois répondre aussi complètement à ta - tes questions que je le souhaiterais. Comme tu l'as peut-être remarqué, je me fais rare en ces temps plus vieux car, comme j'aime à le radoter : le devoir me pèle.

Pour Friederich, si cette question te taraudait, le plus simple eut été que tu l'appelasses. Je ne veux pas m'avancer pour lui, mais certainement t'aurait-il expliqué comment, pour, selon lui, répondre à la demande des concertistes qui souhaitent des instruments de plus en plus performants en ampleur et en puissance, il a été amener à concevoir de plus en plus son modèle comme un grand queue de concert. Tu as encore la possibilité d'appeler Roberto Aussel, certainement l'un des Argentins que tu as accompagné, pour qu'il t'explique pourquoi sa dernière Friederich, de 2011, a une énergie si débordante qu'il doit souvent la contenir... au prix de quelques fatigues à la main gauche qu'il ne connaissait pas sur les précédentes. Nous avancerions ainsi concrètement sur cette question non négligeable puisqu'elle semble accompagner tout le parcours de ce grand luthier qui - dit-il encore - préfère quant à lui jouer sur les guitares de ses débuts... moins "tendues".

Il y a encore une autre piste possible, mais cette fois c'est au Vénézuéla... Luis Zea, qui avait malheureusement perdu sa Friederich réduite en miette par une compagnie d'aviation délicate (qui a eu encore la délicatesse de ne lui rembourser que le prix de l'étui) cherche toujours (je crois) une Friederich de 1980/81 et rien d'autre...il faudrait lui demander plus précisément pourquoi ? Certainement, il y a là une question à élucider...

L'autre point - le progrès - me demanderait plus de trois nuits pour y répondre vraiment, et encore pas au moment de la pleine lune, car c'est là que mes roubles d'identité me perturbent le plus.

Je pointerai donc un aspect - que j'ai souvent eu l'occasion d'aborder :
autrement dit...
je rends grâce à ce forum d'avoir appeler cette rubrique "luthiers"

et non "lutherie"... ou "interprètes"...

je m'en suis souvent expliqué : JE CONSIDERE LA LUTHERIE COMME UN ART... a part entière.
Et une des source de mon émerveillement inextinguible est de découvrir chaque fois comment l'art du luthier et l'art du concertiste se rencontrent à mi chemin d'un même amour de la musique pour donner chaque fois naissance à une aventure unique.

Si l'on pense PONCE on pense FLETA mais la rencontre des deux ne ressemble à aucune autre.

Je sais que ce n'est pas la loi absolue et que certains guitaristes se moquent à peu près de l'instrument ou que l'on peut verser tantôt dans l'une ou tantôt dans l'autre de ces attitudes... mais cela n'ôte rien au fait que la lutherie est l'un des arts les plus nobles qui soit.

En disant cela, je n'ai évidemment pas tout dit mais c'est une base au débat hors de laquelle nous ne parlons plus de la même chose... et c'est bien notre droit mais encore faut-il le savoir.

Si je reviens toujours à l'art de Dominique Field, c'est que je n'ai pas encore trouvé quelqu'un qui aille aussi loin que lui en jouant sur des parmètres qui sont sensiblement les mêmes depuis plus de deux siècles. Alors, pour opposer à celui de progrès, je vais employer un mot que tu n'aimeras peut-être pas : SECRET.

Nous y reviendrons un jour que j'espère prochain, mais en attendant ce secret, moi je l'entends déjà dans la rencontre entre cette toute jeune fille et cette toute jeune Field (n° 37).

*** pas de lien vers une oeuvre protégée sur le forum svp ***

valère
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Re: Field… la piste secrète.

Message par valère » ven. 14 février 2014, 05:45

La pleine lune arrive à grandes enjambées, et mes roubles de la personnalité avec.
Puisqu'on ne peut plus effacer nos erreurs passées, j'ai, par glissement entre deux états, laissé ma main décider
du copier coller que ma tête - enfin pas tout à fait la mienne à cette heure - reprend ici :

James Chiang's 'Dream With Me' played by Olivia Chiang

Mille excuses, vous qui dormez du sommeil de l'inconscient,
V.

Romaric Holler

Re: Field… la piste secrète.

Message par Romaric Holler » ven. 14 février 2014, 11:45

valère a écrit :(...)
Je sais que ce n'est pas la loi absolue et que certains guitaristes se moquent à peu près de l'instrument ou que l'on peut verser tantôt dans l'une ou tantôt dans l'autre de ces attitudes... mais cela n'ôte rien au fait que la lutherie est l'un des arts les plus nobles qui soit.

En disant cela, je n'ai évidemment pas tout dit mais c'est une base au débat hors de laquelle nous ne parlons plus de la même chose... et c'est bien notre droit mais encore faut-il le savoir.
(...)
On est libre d'utiliser un mot pour signifier ce que l'on veut. Néanmoins la lutherie n'est pas un art.
Penser la lutherie comme un art, c'est alors définir l'art comme activité humaine qui vise à transformer un matériau brut en un produit supérieur possédant un supplément de sens et de sensibilité. Ce qui réduit l'art à du luxe, ou de la production de haute qualité assimilable au produit du travail de l'artisan contemporain.

La lutherie partage avec la musique, et avec bien d'autres disciplines, l'objectif final de la production d'un objet. L'instrument de musique n'est pas un produit du hasard mais relève d'une forme, d'une pensée pré-établie. Autrement dit, en lutherie comme en musique ou en cuisine, l'intention précède l'action.

La lutherie et la musique requirent une habilité manuelle. Mais l'art et l'artisanat se distinguent sur le point de l'effectivité. Une connaissance scientifique de l'acoustique, de la propriété de la matière ( et de biens d'autre chose ) permettrait la fabrication d'un produit appelé guitare s'approchant d'une certaine perfection, du moins, d'un instrument manifestant des qualités proches d'un optimum.
Tandis que pour l'artiste, même si il manifeste une connaissance scientifique des outils de productions et d'une connaissance approfondie des modalités d'utilisation de ces même outils, il n'aura jamais la garantie d'atteindre son but. L'art est quelque chose d'autre que la production d'un objet.

L'art exige la technique sinon il serait impossible à l'artiste d'atteindre une forme pensée et voulue. Mais sa fin demeure uniquement le plaisir des sens, le jeu. Pour un artiste connaissance et habilité sont insuffisantes.
L’œuvre d'art nécessite la liberté. C'est de là que provient l’appellation tombée en désuétude "arts libéraux". Liberté par rapport à la matière et où la connaissance technique est le préalable, le moyen pour atteindre la dimension ludique et esthétique. L'artisan quant à lui aspire à mieux connaitre la matière pour en repousser les limites.

Avec l'apparition de l'informatique, des outils technologiques modernes de plus en plus performant, il y a une inflation de la pensée technique et l'art ne se situe pas dans une réalité autre lui permettant de s'astreindre de ces progrès sur la matière. Mais dans le fond, il n'y a rien de très différent avec une approche technique de l'instrument de musique. Le musicien qui pratique ses exercices n'est pas différent du graphiste qui compulse la méthode de son logiciel. Dans les deux cas, ils n'ont qu'une fin: s'astreindre des limites matérielles en vue de proposer une vision esthétique.

Pour finir, la dialectique entre technologie et l'art est une problématique contemporaine. Quel que soient les réponses que chacun y apporte, les choix esthétiques que nous prenons, il n'y a pas de hiérarchie autre que celle des goûts personnels. Ce n'est pas parce qu’un instrument est muni d'un système d'amplification qu'il produit de la meilleure musique.

Maurice
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Re: Field… la piste secrète.

Message par Maurice » ven. 14 février 2014, 20:52

bonsoir,
la distinction entre art et artisanat est elle-même assez récente (16è s.?), avant tout ce qui avait recours à une technique ou un savoir faire était désigné par le mot "art" (différence entre le faire et le pensé). je crois la séparation entre art et artisanat est arrivée avec l'idée du "Beau" et de l'utile : l'art produit du "beau" et l'artisan produit de "l'utile", (sauf pour les tableaux qu'on utilise pour cacher les trous dans la tapisserie). On a ensuite déplacé, il me semble, cette opposition entre "beau" et "utile" vers celle entre "moyen" et "fin", la guitare est instrument de musique, elle est le moyen et la musique est une fin.
On aurait dû voter une Loi pour interdire l'utilisation dans les entreprise de l'usage de l'expression barbare : "direction des ressources humaines", voir l'homme comme une ressource c'est le voir comme un moyen, le réduire à un instrument, considérer que le guitariste comme sa guitare sont des instruments visant à produire du beau (ou éventuellement du laid).
D'où l'intérêt à l'avenir, de faire sortir peut-être l'homme (et sa guitare) de cette catégorie du moyen, instrument servant à produire (du beau ou autre chose) et de les faire entrer tous deux, le guitariste et sa guitare (et les travailleurs dans les entreprises) non plus dans le moyen mais comme la finalité, à condition bien sûr de ne pas trop techniciser, trop robotiser, ni l'un ni l'autre...
Je pense que dans le futur nous (pas moi vu mon âge) verrons ces frontière encore bouger (cf certaines formes d'art moderne où l'art se sépare du beau pour revenir vers de l'installation expérimentale, du moyen de..), cela ne serait pas gênant de faire revenir le musicien et son instrument dans l'ordre non plus d'un moyen mais d'une fin en soi, dire qu'une guitare n'est pas un instrument mais elle est une fin en elle-même, admettre qu'une guitare n'a aucune utilité, elle n'est pas un moyen de produire des notes mais elle est elle-même ces notes, la soustraire au champ de la technique pour la ramener à celui d'une pure essence inutile, comme un poème, n'était-ce pas Ida Presti qui disait que la guitare est une prière ? Si elle a raison nous ne devrions pas être gênés de considérer la guitare comme oeuvre d'art, en tout cas ça peut nous être utile :oops:
bien à vous.

Romaric Holler

Re: Field… la piste secrète.

Message par Romaric Holler » sam. 15 février 2014, 08:24

zeno a écrit :(...)cela ne serait pas gênant de faire revenir le musicien et son instrument dans l'ordre non plus d'un moyen mais d'une fin en soi, dire qu'une guitare n'est pas un instrument mais elle est une fin en elle-même, admettre qu'une guitare n'a aucune utilité, elle n'est pas un moyen de produire des notes mais elle est elle-même ces notes, la soustraire au champ de la technique pour la ramener à celui d'une pure essence inutile, comme un poème, n'était-ce pas Ida Presti qui disait que la guitare est une prière ? Si elle a raison nous ne devrions pas être gênés de considérer la guitare comme oeuvre d'art, en tout cas ça peut nous être utile :oops:
bien à vous.
Je suis assez d'accord. L’œuvre d'art à la fin c'est l'humain. Pendant longtemps j'ai sur-sacraliser ma guitare :D maintenant elle est redevenue un objet interchangeable et banal ( bon quand même pas si facile à changer ). Et ce, depuis justement que j'en ai obtenu une certaine maîtrise, un certain recul vis à vis de considérations technique, ou plus simplement plus de confiance en moi.

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Dominique
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Re: Field… la piste secrète.

Message par Dominique » dim. 16 février 2014, 10:32

Si on suppose que l'art est une émotion, il faut admettre que l'émotion musicale résulte du triptyque Oeuvre, Musicien, Instrument, les trois éléments étant indissociables.
Dans ce cas, est-ce que-la guitare n'entre pas pour un tiers dans cette émotion?
Ps : c'est juste une question?
Guitare Laurent HUCHARD, épicéa, palissandre Indien
Cantiga+alliances bleues

Romaric Holler

Re: Field… la piste secrète.

Message par Romaric Holler » dim. 16 février 2014, 15:53

L'art n'est pas qu'une émotion.

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Re: Field… la piste secrète.

Message par Dominique » dim. 16 février 2014, 16:43

Pour moi, si.
En tant que bénéficiaire, pas comme producteur( je n'en produit pas...)
Guitare Laurent HUCHARD, épicéa, palissandre Indien
Cantiga+alliances bleues

mikoguitar78

Re: Field… la piste secrète.

Message par mikoguitar78 » dim. 16 février 2014, 17:26

Il reste néanmoins, cher Romaric, qu'il est malaisé de définir l'art. Il est plus simple de parler des arts au pluriel, et je ne vois pas pourquoi la lutherie, ou la cuisine par exemple, ne pourraient prétendre au rang d'art. Par ailleurs, en tant qu'interprètes, ne sommes-nous pas plus proches de l'artisanat que de l'Art avec un grand A, titre que je réserverais alors aux vrais créateurs que sont les compositeurs? En tout cas à titre personnel et s'il faut établir une hiérarchie, je serais heureux d'atteindre à la maîtrise artisanale d'un Friederich, quant à me comparer à des artistes comme Bach ou Mozart, ce sera peut-être dans une autre vie...

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Re: Field… la piste secrète.

Message par guillermole » dim. 16 février 2014, 18:00

Dabord , la plupart des guitaristes classiques sont interpretes et pas beaucoup plus.

Dans ce cas je n'y vois pas l'art avec un grand A .

Dailleur un artiste peut faire de l'art en tapant sur des casseroles pourries dans une décharge ,la ou un "pseudo"artiste peut faire du "bruit désagréable" sur un instrument a 1 million .

De toutes façons la notion d'art est trop subjective et personnelle, certains verront de l'art dans un étron étalé sur un tableau blanc la ou d'autres seront dégoutés et choqués ...

Alors si y'en a qui trouvent que la lutherie est un art ,et d'autres non , pourquoi pas?
https://www.flamencos-olea.com/

Romaric Holler

Re: Field… la piste secrète.

Message par Romaric Holler » dim. 16 février 2014, 22:32

Dominique a écrit :Pour moi, si.
En tant que bénéficiaire, pas comme producteur( je n'en produit pas...)
Si l'art n'est qu'une émotion alors quand vous vous réveillez et que vous êtes heureux ou triste faites vous œuvre d'art ?
Bien sur que non. Vous êtes juste triste ou joyeux.
mikoguitar78 a écrit :Il reste néanmoins, cher Romaric, qu'il est malaisé de définir l'art. Il est plus simple de parler des arts au pluriel, et je ne vois pas pourquoi la lutherie, ou la cuisine par exemple, ne pourraient prétendre au rang d'art. Par ailleurs, en tant qu'interprètes, ne sommes-nous pas plus proches de l'artisanat que de l'Art avec un grand A, titre que je réserverais alors aux vrais créateurs que sont les compositeurs? En tout cas à titre personnel et s'il faut établir une hiérarchie, je serais heureux d'atteindre à la maîtrise artisanale d'un Friederich, quant à me comparer à des artistes comme Bach ou Mozart, ce sera peut-être dans une autre vie...
J'ai expliqué en quoi lutherie, cuisine et musique ce n'est pas la même chose.

Bien sur qu'un interprète est proche d'un artisan. D'ailleurs sont statut d'artiste n'est qu'assez moderne. Il est la conséquence d'une évolution sociale et philosophique de la société.
Certaines choses rapprochent le musiciens ( compositeur ou interprète ) de l’artisan mais aussi du scientifique, du conducteur de taxi, de l’électricien etc, par extension de n'importe qui qui fait son travail... Tous apprennent des tours de mains, des trucs, acquièrent des compétences etc...
guillermole a écrit :Dabord , la plupart des guitaristes classiques sont interpretes et pas beaucoup plus.

Dans ce cas je n'y vois pas l'art avec un grand A .

Dailleur un artiste peut faire de l'art en tapant sur des casseroles pourries dans une décharge ,la ou un "pseudo"artiste peut faire du "bruit désagréable" sur un instrument a 1 million .

De toutes façons la notion d'art est trop subjective et personnelle, certains verront de l'art dans un étron étalé sur un tableau blanc la ou d'autres seront dégoutés et choqués ...

Alors si y'en a qui trouvent que la lutherie est un art ,et d'autres non , pourquoi pas?
Oui on a tous le droit d'utiliser les mots pour faire n'importe quoi. Ce n'est pas un crime et cela peut même donner de la poésie, l'art le plus "noble" à mon sens. Cela étant dit il est préférable d'utiliser des termes définis et précis en vue d'être intelligible.

Une chaise exposé au milieu d'un musée est une œuvre d'art. Pourquoi ? Car sa fin, sa raison d'être à été détourné de son utilisation première qui est celle de nous permettre de nous assoir. Une casserole qui sert d'instrument de musique cesse d'être une casserole le temps de son utilisation musicale.

Tout cela ne dépend pas d'éléments subjectifs si l'on postule que nous existons dans un univers appelé réalité et que nous acceptons la part d'incapacité du langage à décrire l'être.

Quelle est la fonction d'une guitare, sa finalité ? C'est un instrument de musique. Et à ce titre elle est un outil. Un artisans fabrique un outil. Un artiste, même simple interprète produit une œuvre d'art qui n'a pas de fin en soi si ce n'est son unique contemplation.
Un luthier peut produire une guitare qui n'a que le seul objectif d'être belle à voir. A ce titre il produira une œuvre d'art. Mais, elle n’intéressera probablement pas le guitariste car elle risque de n'être que belle et appréciable uniquement sur le plan visuel.

Les œuvres d'art obéissent à des lois qui fixent le prix différemment des biens de consommations standards.
Si je vais au restaurant, j'ai envie de bien manger, c'est à dire être repu avec si possible des aliments de qualité bien cuisinés. Je payerai le prix qui sera la somme des coûts de productions du repas.
Les œuvres d'arts n’obéissent pas à ces règles de formation des prix. Pour certains elles n’obéissent qu'a la loi de l'offre et de la demande. C'est pourquoi le prestige est bien plus important pour ces biens que la valeur octroyé par les coûts de production.
Le restaurateur à tout intérêt de conférer aux plats qu'il cuisine une dimension artistique. Il est alors libre de fixer le prix de son plat indépendamment des coûts de production et uniquement sur la base de son prestige. En conséquence de quoi, il est possible de voir des plats avec un coût de revient normal exploser les prix chez un restaurateur prestigieux.
Or, en fin de compte, si je vais au restaurant c'est pour manger. Dans ce genre de cas de figure nous sommes dans le luxe et pas dans l'art.

De même si un luthier fabrique une guitare acoustique excellente et raffine les éléments décoratifs qui n'ajoutent pas de qualités sonores, il produit du luxe. Nous sommes toujours dans l'artisanat et pas dans l'art.

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Re: Field… la piste secrète.

Message par D'Avant-Court » dim. 16 février 2014, 23:59

Trève de pragmatisme...le sujet d'origine est plutôt l'évocation de l'impalpable, de cette sensation très subjective qui rend un instrument magique aux yeux d'un interprète ou d'un auditeur.
On parle ici de chocs esthétiques, d'impression de beauté parfaite où tout est à sa place, de sonorités tout droit sorties d'un songe.
Les artisans à l'origine de tels instruments ne sont pas si nombreux, et effectivement seront plutôt désigné par le mot maître luthier que par le mot artiste.

Romaric Holler

Re: Field… la piste secrète.

Message par Romaric Holler » lun. 17 février 2014, 00:55

D'Avant-Court a écrit :(...)
Les artisans à l'origine de tels instruments ne sont pas si nombreux, et effectivement seront plutôt désigné par le mot maître luthier que par le mot artiste.
"Les musiciens" à l'origine de ces sonorités oniriques et parfaite vous vouliez-dire :) ? Ce qui ne retire en rien de la qualité à la guitare ou le mérite d'appeler certains artisan maître. D'ailleurs si certaines guitares sont jouées c'est parce qu' elles le valent bien !

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