Eloge de la lenteur.

Positions et ergonomie, douleurs, nos grands et petits bobos. Les douleurs aux mains ou aux bras des guitaristes sont fréquentes.
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gcojot
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Eloge de la lenteur.

Message par gcojot » lun. 04 septembre 2017, 14:18

Amitiés, Gérard Cojot
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jcrojas
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par jcrojas » lun. 04 septembre 2017, 16:05

Bien sûr, c'est bien la méthode que je pratique quand un passage me résiste
Travailler lentement permet non seulement au cerveau de mémoriser, mais aussi d'analyser les mouvements des doigts (y compris le pouce) et de la main en général.
Parfois, cela permet aussi de se rendre compte qu'en changeant légèrement le doigté, tout s'arrange, tout se simplifie
Et même parfois aussi cela permet d'anticiper un mouvement, et ne pas se trouver "coincé" avec un position des doigts inadéquate pour les notes suivantes.
Faire simple, toujours faire simple !!!
JC

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par milsabords » lun. 04 septembre 2017, 16:19

oui , on court beaucoup dans nos sociétés , certains même ne peuvent plus s'arrêter jusqu' à ce que sur chauffés , ils finissent par pêter un fusible.
ralentir est bon . s'arrêter est difficile . se poser est difficile . pratique le "stop" et regarder en conscience ce qu'on est réellement en train de faire là tout de suite , est difficile .
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par Bernard Corneloup » lun. 04 septembre 2017, 17:39

C'est aussi ma méthode de travail.
L'homme qui n'a pas de musique en lui et qui n'est pas ému par le concert des sons harmonieux est propre aux trahisons, aux stratagèmes et aux rapines (William Shakespeare, Le marchand de Venise) | élève du cours en ligne D07

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par milsabords » lun. 04 septembre 2017, 18:09

hatons nous de ralentir .
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par M'Bo » lun. 04 septembre 2017, 20:02

Oui c'est certain. :) les morceaux que j'ai le plus dans les doigts (et accessoirement que je retiens le plus facilement même sans les jouer quelque temps) sont ceux où j'ai pris vraiment le temps de les travailler très lentement avec répétition et correction des postures si nécessaire :ouioui:

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par gcojot » mer. 06 septembre 2017, 10:21

Je vais extrêmement lentement, je vérifie et corrige les doigtés car celui présenté sur la partition ne correspond pas forcément à la force et la morphologie de mes doigts.
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par Isabelle Frizac » mer. 06 septembre 2017, 10:27

gcojot a écrit :
mer. 06 septembre 2017, 10:21
Je vais extrêmement lentement, je vérifie et corrige les doigtés car celui présenté sur la partition ne correspond pas forcément à la force et la morphologie de mes doigts.
moi z' aussi ! :P
Qui s' y frotte s' y pique ( devise lorraine).
Que trépasse si je faiblis !
Gardez espoir .
Guitare Bastien Burlot numéro1 Spéciale anniversaire(2014)
Pappalardo à cordier(1982) et quelques autres ...

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par antoine-marie » dim. 21 janvier 2018, 20:25

bonsoir à tous
je tombe ,avec retard,sur ce post expliquant la méthode d'Antoine Herve, que j'ai lu avec beaucoup d'attention et d'intérêt ;
Pratiquant des sports de combat depuis de nombreuses années,j'applique de plus en plus cet apprentissage du geste juste et lent avant d'accélérer et de devenir "explosif".Et nombre de mes partenaires d'entrainement m'ont gratifié d'un:"j'aime travailler avec toi,tout devient facile".
Bizarrement c'est une méthode que je n'applique pas à l'apprentissage d'un morceau de musique(les résultats s'en font sentir).
je vais désormais ,m'imposer la même démarche pour la guitare et je verrai ainsi ,si cela m'est aussi productif qu'en sport.

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par wchyme » lun. 22 janvier 2018, 09:34

Marrant... j’applique aussi ça à la guitare et en me mettant a un sport de combat il y a 4 ans je me suis dit que j’appliquerai la même approche... je ne regrette pas aujourd’hui et des fois un retour aux bases est nécessaire pour le sport et la musique. Mais en fait on va parlé de la même chose non? C’est l’esprit qui contrôle le corps... pas l’inverse :-)

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par Henri » lun. 22 janvier 2018, 10:01

Oui tout à fait. Et c'est tellement évident qu'on n'en est pas conscient. Ca se vérifie dans tous les domaines où l'apprentissage consiste en un savoir-faire plutôt qu'en un savoir abstrait.
Dans l'apprentissage d'une langue on constate que les débutants ont tendance à parler vite pour masquer les fautes. Je pense que c'est la même chose en musique.
En ski nautique de figure, que j'ai pratiqué intensément dans mes jeunes années (souvenirs, souvenirs...), ce qui déclenchait une figure c'est l'intention de la faire. Pour cela il fallait visualiser, avant le déclenchement, le point d'arrivée de la figure qu'on allait faire. Et le corps suivait tout naturellement.
Je pense qu'il en est de même pour un barré par exemple. Si quelques notes avant on n'est pas dans l'intention, si on n'a pas visualisé le placement des doigts, on se fait surprendre quand le barré arrive et ...
L'intention précède l'action, ce qui implique de l'anticipation. D'où l'importance d'apprendre à lire avec de l'avance ... Enfin, je crois !
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par OlivierAnt » jeu. 20 septembre 2018, 20:52

La lenteur permet de décortiquer tout le geste.
Le mieux est de travailler au métronome ou mieux, avec un support rytmique, au tempo grandissant.

Je ne le croyais pas mais ma vitesse en flamenco pour les picados a été exponentielle mais aussi ma perception et la compréhension des phrasés rapides.
Soyons patients et le ´mur' se franchit. :-)
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par Michaël Niel » sam. 24 novembre 2018, 11:25

Si je partage l'avis que toute difficulté devrait être abordée avec douceur, je pense qu'il est bon de rappeler que certaines mécaniques sont tout simplement différentes à haute et faible vitesse.

C'est le cas par exemple dans le jeu au médiator, ou pratiquer doucement risque de faire développer un mouvement avec lequel la vitesse est tout bonnement impossible. Beaucoup disent aujourd'hui que pour cet apprentissage il vaut mieux jouer extrêmement vite, et donc mal au début, pour pouvoir éliminer les mouvements qui ne permettent pas cette vitesse et créent des excès de tension. Une fois trouvé le ou les gestes, alors on peut le ralentir et travailler la précision.
Sans en savoir beaucoup sur le sujet, étant novice en la matière, il semblerait que cela puisse être applicable au picado.
OlivierAnt a écrit :
jeu. 20 septembre 2018, 20:52
Soyons patients et le ´mur' se franchit. :-)
Ce n'est clairement pas toujours le cas pour tout le monde. Notamment ceux qui, comme moi, ont développé une gestuelle efficace à faible vitesse mais qui ne peut physiquement pas permettre la vitesse. Dans ce cas de figure, la patience n'amènera que frustration sans progrès possible, et éventuellement des blessures à long terme.

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Re: Eloge de la lenteur.

Message par OlivierAnt » dim. 25 novembre 2018, 15:56

Juste, le rendu final des phrasés doit se faire dans la bonne vitesse, avec la bonne dynamique, pile en tempo.
Mais comment y arriver? Il y a sûrement plusieurs approches possibles.

Mon propos est de partager un moyen de tenter de s’améliorer pour arriver à réaliser des phrasés inaccessibles de prime abord.
On a tous des paliers suivant les années.
J’avais mon petit doigt gauche qui restait tendu toute ma jeunesse, ma limite en picados était de 132, je ne savais pas faire un barré avec la position de do avec les autres doigts (pour Eb par exemple), faire un AM7 avec le petit doigt sur la basse do# 5eme corde, des triolets sur 2doigts en plaçant l’accent, jouer 4heures sans avoir mal aux bouts des doigts, faire des barrés sans avoir la crampe dès le 5ème, sans parler des différents trémolos, rien n’allait au mediator..., la liste est longue et existera toujours.
Et surtout, ce fameux tempo, on croit bien le suivre en solo mais dès que l’on joue des rythmes complexes où les autres instrumentistes s’intercalent, la précision est de rigueur. Plus on y est sensible, plus on découvre l’utilité de la précision et la difficulté sous-jacente. Suivant la culture d’un chacun, elle est innée sinon il faut la travailler. Pour exemple, ralentir un morceau de virtuose (avec vlc par ex)montre à quel point tout doit être soigné pour y arriver.

Perso, j’ai identifié plusieurs de mes limites actuelles.
J’espère les franchir un jour en abordant doucement toutes les facettes de la difficulté, comme un alpiniste travaille chaque geste et technique. Et peut-être que comme l’éverest, je n’y arriverai pas. Mais j’espère progresser en m’amusant.
Ce que je trouve génial en musique, c’est que ce que l’on apprend reste et on évolue. Contrairement à certains domaines techniques, où on est expert une année d’une techno qui disparaît ensuite comme une dune par le vent.
Et plus on sait, plus on sait qu’on sait peu. 😇
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Daniel Renard
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Re: Eloge de la lenteur.

Message par Daniel Renard » sam. 15 décembre 2018, 22:16

c'est un post très intéressant. J'ai en chantier les concerto pour 2 guitares et orchestre de vivaldi et ce sujet va m'inciter à beaucoup réfléchir sur ce thème.

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